Bordera : l’ultime trek

le 13 mai 2018

Cap-vert

Notre décision de revenir sur l’île de Fogo que nous avions découverte en 2016, était principalement motivée par le fait que nous n’avions pas pu faire l’ascension du volcan, qui s’était réveillé une année auparavant et avait enseveli la quasi intégralité des deux villages situés sur la Caldeira*; dont les structures hôtelières. Sachant que l’ascension du volcan doit commencer vers 6h00 du matin pour être supportable au niveau de la chaleur, ne pas pouvoir dormir à ses pieds avait brisé notre rêve de le gravir…

A l’époque notre guide (Théo, natif de la Caldeira) avait planté une petite graine en nous glissant qu’il était également possible de faire le tour des crêtes de la Caldeira, soit 18 km sur 2 jours, avec une nuit de bivouac…

Quel programme alléchant !

Sur ces seules paroles nous contactons Théo afin qu’il organise pour nous ces deux trek…

Nous commençons par le tour des crêtes nommé « Bordera ». Le départ est fixé à 6h00 du matin. Deux guides nous accompagnent pour la randonnée (Théo & Tarzan !) et deux de leurs compagnons seront sur place pour gérer le campement.

Le jour J nous partons à la fraîche, confiants en nos capacités…

La 1ère heure, accompagnés de nos deux guides, et à un rythme « no stress », nous avons un peu l’impression de partir en course d’école…Après une brève pause, la « balade » prend brusquement une toute autre tournure…

Le passage de la 1ère arrête nous surprend : pas de sécurité, 30 mètre de vide de part et d’autre…on prend sur nous, en silence pour ne pas communiquer notre angoisse à l’autre.

A partir de ce moment nous regardons plus attentivement le chemin qui nous attend : le relief accidenté nous saute aux yeux. La roche volcanique friable nous force à garder en permanence notre concentration : un pas au mauvais endroit (ou une mauvaise prise) et c’est la chute assurée…nous comprenons enfin pourquoi ce n’est pas un, mais deux guides qui nous encadrent!

Chacun de notre côté nous revivons le film des événements précédent notre départ :

  • le regard étonné de la réceptionniste lorsque nous lui expliquons notre projet
  • l’excitation de nos guides au départ
  • le nombre d’heures de marche prévu pour (seulement) 18km

Un peu plus loin, à l’approche des premiers câbles de sécurité fixé sur les parois rocheuses, nous réalisons finalement que nous sommes sur une via-ferrata…nous allons faire de la grimpe !!! Et cela pendant 7h00 le premier jour !

Sachant que nous sommes tout les deux sujet au vertige (…)

Nous qui mitraillions de photos le décor magnifique qui nous entourait 10 minutes plus tôt, nous délaissons notre appareil pour mieux rester concentré…Aux files des heures (et des crêtes, et des câbles franchis) la tension s’accentue…

La sueur commence à couler, le sourire fait place à la grimace, et quand Isabelle se met à lancer des injures en français, nos guides se rapprochent de nous, nous tiennent par la main et essaient de détendre l’atmosphère…Tarzan enclenche même sa musique !

On regarde derrière nous, mais au vu de ce que nous avons déjà parcouru, impossible d’imaginer rebrousser chemin.

Vers midi nous atteignons la crête la plus élevée 2700 mètre, le volcan qui nous fait face n’a que 100 mètre de + . Nous avalons difficilement notre pique-nique tant le noeud dans la gorge est grand (il reste plus de 3h00 de marche alors que nous avons déjà grimpé 4h30)…

Nous arrivons finalement à notre point pour la nuit, épuisés et soulagés. Ce soir nous dormons dans une grotte au sommet des crêtes !

Nos guides et les « logisticiens » sont tous de la même famille : il y a Tony 20 ans, un sourire pétillant et une douceur toute capverdienne, Lèxa 30 ans et des poussières, notre cuisinier (il a porté sur le dos, avec l’aide de Tony, tout le matériel nécessaire à la confection du repas), et enfin Théo et Tarzan, 32 ans chacuns. Passionnés par l’environnement hostile dans lequel ils ont grandit, artistes (Tarzan fait de la musique et créer des masques à base de lave), et surtout soudés, toujours le sourire au bord des lèvres c’est un vrai plaisir de partager ce moment avec eux.

Pour une soirée nous oublions toutes nos peurs, il faut dire que le vin Manecom* que Tony et Lèxa ont pensé à emporter aide bien à nous détendre…

Bon, dormir dans une grotte à + de 2000 mètres avec un simple tissus de coton pour s’envelopper…c’était pas gagné ! Et on regarde la nuit s’évaporer petit à petit et faire place au jour…spectacle grandiose !

Après un petit-déj’ frugal, nous repartons dès 7h00, et les mêmes difficultés s’enchaînent sauf que nous avons les jambes en compotes et une nuit blanche à notre actif…

Finalement nous finissons notre randonnée comme prévu 5h00 plus tard, en plein soleil, éreintés, les mains et les jambes pleines de coupures, les chaussures de marche détruites. Nous rejoignons l’hôtel où nous avions laissé une partie de nos affaires et après une douche, un repas, nous partons nous coucher en jurant que l’on ne nous y reprendrait plus…

PS) Non, non, nous ne renoncerons pas à l’ascension du volcan…

* Caldeira : cratère volcanique pouvant mesurer plusieurs kilomètres de diamètre (celui de Fogo mesure 9 km)

* Manecon : vin rouge populaire vinifié à la maison, demi-doux

A l’époque notre guide (Théo, natif de la Caldeira) avait planté une petite graine en nous glissant qu’il était également possible de faire le tour des crêtes de la Caldeira, soit 18 km sur 2 jours, avec une nuit de bivouac…

Quel programme alléchant !

Sur ces seules paroles nous contactons Théo afin qu’il organise pour nous ces deux trek…

Nous commençons par le tour des crêtes nommé « Bordera ». Le départ est fixé à 6h00 du matin. Deux guides nous accompagnent pour la randonnée (Théo & Tarzan !) et deux de leurs compagnons seront sur place pour gérer le campement.

Le jour J nous partons à la fraîche, confiants en nos capacités…

La 1ère heure, accompagnés de nos deux guides, et à un rythme « no stress », nous avons un peu l’impression de partir en course d’école…Après une brève pause, la « balade » prend brusquement une toute autre tournure…

Le passage de la 1ère arrête nous surprend : pas de sécurité, 30 mètre de vide de part et d’autre…on prend sur nous, en silence pour ne pas communiquer notre angoisse à l’autre.

A partir de ce moment nous regardons plus attentivement le chemin qui nous attend : le relief accidenté nous saute aux yeux. La roche volcanique friable nous force à garder en permanence notre concentration : un pas au mauvais endroit (ou une mauvaise prise) et c’est la chute assurée…nous comprenons enfin pourquoi ce n’est pas un, mais deux guides qui nous encadrent!

Chacun de notre côté nous revivons le film des événements précédent notre départ :

  • le regard étonné de la réceptionniste lorsque nous lui expliquons notre projet
  • l’excitation de nos guides au départ
  • le nombre d’heures de marche prévu pour (seulement) 18km

Un peu plus loin, à l’approche des premiers câbles de sécurité fixé sur les parois rocheuses, nous réalisons finalement que nous sommes sur une via-ferrata…nous allons faire de la grimpe !!! Et cela pendant 7h00 le premier jour !

Sachant que nous sommes tout les deux sujet au vertige (…)

Nous qui mitraillions de photos le décor magnifique qui nous entourait 10 minutes plus tôt, nous délaissons notre appareil pour mieux rester concentré…Aux files des heures (et des crêtes, et des câbles franchis) la tension s’accentue…

La sueur commence à couler, le sourire fait place à la grimace, et quand Isabelle se met à lancer des injures en français, nos guides se rapprochent de nous, nous tiennent par la main et essaient de détendre l’atmosphère…Tarzan enclenche même sa musique !

On regarde derrière nous, mais au vu de ce que nous avons déjà parcouru, impossible d’imaginer rebrousser chemin.

Vers midi nous atteignons la crête la plus élevée 2700 mètre, le volcan qui nous fait face n’a que 100 mètre de + . Nous avalons difficilement notre pique-nique tant le noeud dans la gorge est grand (il reste plus de 3h00 de marche alors que nous avons déjà grimpé 4h30)…

Nous arrivons finalement à notre point pour la nuit, épuisés et soulagés. Ce soir nous dormons dans une grotte au sommet des crêtes !

Nos guides et les « logisticiens » sont tous de la même famille : il y a Tony 20 ans, un sourire pétillant et une douceur toute capverdienne, Lèxa 30 ans et des poussières, notre cuisinier (il a porté sur le dos, avec l’aide de Tony, tout le matériel nécessaire à la confection du repas), et enfin Théo et Tarzan, 32 ans chacuns. Passionnés par l’environnement hostile dans lequel ils ont grandit, artistes (Tarzan fait de la musique et créer des masques à base de lave), et surtout soudés, toujours le sourire au bord des lèvres c’est un vrai plaisir de partager ce moment avec eux.

Pour une soirée nous oublions toutes nos peurs, il faut dire que le vin Manecom* que Tony et Lèxa ont pensé à emporter aide bien à nous détendre…

Bon, dormir dans une grotte à + de 2000 mètres avec un simple tissus de coton pour s’envelopper…c’était pas gagné ! Et on regarde la nuit s’évaporer petit à petit et faire place au jour…spectacle grandiose !

Après un petit-déj’ frugal, nous repartons dès 7h00, et les mêmes difficultés s’enchaînent sauf que nous avons les jambes en compotes et une nuit blanche à notre actif…

Finalement nous finissons notre randonnée comme prévu 5h00 plus tard, en plein soleil, éreintés, les mains et les jambes pleines de coupures, les chaussures de marche détruites. Nous rejoignons l’hôtel où nous avions laissé une partie de nos affaires et après une douche, un repas, nous partons nous coucher en jurant que l’on ne nous y reprendrait plus…

PS) Non, non, nous ne renoncerons pas à l’ascension du volcan…

* Caldeira : cratère volcanique pouvant mesurer plusieurs kilomètres de diamètre (celui de Fogo mesure 9 km)

* Manecon : vin rouge populaire vinifié à la maison, demi-doux

Cet article a 12 commentaires

  1. Strebel Renée

    Alors là, chapeau !!! David, je ne te connaissais pas sous cet angle ”baroudeur” ?. Et 1000 bravos à Isabelle (que je ne connais pas personnellement), qui a osé surmonter sa, ses peurs, le vertige, l’effort, etc…
    C’est super de nous faire partager vos aventures, et vos reportages que j’attends toujours avec impatience ! Ce qui m’a étonnée, ce sont vos simples baskets pour une telle course de montagne ???
    Avec mon admiration, grosse bises ???
    Renée S

  2. Isabelle et David

    Merci beaucoup pour les encouragements ! Nos baskets (chaussures de trek non montantes) n’ont pas dit leur dernier mot. Demain elles vont faire l’ascension du volcan ? ! Bisous ?

  3. Francis Monnin

    Vous m’épatez, si je comprends bien, cette grimpée s’est faite sans être assurés entre vous comme des grimpeurs « sensés «.

    Je savais Isabelle volontaire et décidée, mais à ce point, un grand bravo , sans oublier le compagnon David, que je connais pas, mais qui doit assurément être du même moule qu’Isa.

    Bonne suite à vous deux et me réjouis déjà du prochain reportage.

  4. Renée

    ??Wouah ! Alors bonne ascension mais… soyez prudents quand même ! ??

  5. Christophe Cosandey

    Quand je vois les photos. Oui, il y a de quoi avoir eu quelques sensations…Que de volonté pour avoir franchi cette aventure. Chapeau ! Quel plaisir cela doit être d’avoir réussi cette expédition.

  6. Rita Baeriswy

    Das war ja sehr abenteuerlich und riskant aber auch mutig . Ihr seit ein starkes Team . Aufgepasst beim runtergehen und nicht rutschen.. Danke fü den Bericht und ich bin gespannt wie es weitergeht.

  7. Mr Stinkr

    Rien qu‘en lisant mon cœur s‘est mit à palpiter. Baleize Fogo et respect à mes deux zamis!!! Bien barge tout cela….
    Que la force soit avec vous! Obi One la capverdao!

    😉

  8. André Thévoz

    Bravo pour l’exploit !!!! Bon courage pour la suite….ne nous faite pas trop d’angoisse quand même.

  9. Isabelle et David

    ????????????

  10. Jean-Philippe et Thierry

    Aie aie aie, bravo pour la belle sortie, je n’aurais en aucun cas pu vous suivre, je pense que Francis non plus….. Bravo

  11. Franck Roland

    Força ***
    Avec cette motivation sans failles vous pourriez ouvrir une agence Cap / Suisse !!!
    Bravo à Vous  » profitez bien
    TdM

  12. Carine

    Franchement vous m’épatez ! Bravo pour cette belle ascension ! Un exploit de plus à votre actif depuis votre arrivé au Cap Vert.

    Je vous souhaite une bonne continuation de votre périple entourés de gens formidables 🙂

    A bientôt pour de nouvelles aventures…
    Carine – Luc

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