OBRIGAD’ a tud’nos
companheiros…

le 10 juin 2018

Cap-vert, Santo-Antao

Avant de commencer un nouveau chapitre, de quitter le Cap-Vert pour mieux y revenir, laisses-nous comme prévu te présenter les acteurs de notre parenthèse :

S’il y a une personne que tu dois absolument rencontrer au village de Chã Manuel Dos Santos c’est Bella. Bella c’est des yeux pétillants et surtout un sourire. Une douceur, un éclat, une beauté qui n’appartient qu’à elle. c’est tout les enfants qui viennent l’embrasser (et ils sont nombreux)…Bella c’est tout les habitants qui s’arrêtent pour lui parler. Bella c’est la « vendeuse de gaz » mais c’est surtout une distributrice d’amour.

Juste un peu plus haut, il y a Mémé : c’est la maman de Bella…Toute la douceur de Bella en un concentré d’énergie : Mémé elle gesticule, elle touche, elle s’agrippe, elle rit, elle crie (mais toujours avec gentillesse)… Mémé c’est la mémé de tout le village, mais c’est surtout son âme.

On continue à remonter la rue, ici la Merceria de Benvid’. On y trouve des tubes de dentifrice, du pain et rarement des légumes. Mais une Merceria tenue par un homme c’est surtout un point de rencontre d’hommes…et l’odeur n’y trompe pas : ça sent les heures passées aux champs…ça sent le grog et le mauvais vin, ça sent la sueur, la testostérone… Ici il n’a y qu’un comptoir, aucun endroit où s’asseoir, mais toujours du monde. Juste un verre en passant, ou plus longtemps pour parler de la récolte de la pluie ou des semis. Benvid’ il a toujours quelque chose à te montrer, un truc dans sa manche pour te faire rester…chez Benvid’il y a un baby-foot, des pignons de poulet grillés par sa femme, une télé installée les soirs de match…

Plus loin, en suivant la route, tu croiseras peut-être une silhouette fine et discrète, Sabino qui parle un bon français se fera un plaisir de partager un peu de ses connaissances. Pour nous il a été un compagnon discret, notre fidèle fournisseur de tomates quand nous ne savions où les trouver mais pas seulement…

Et puis il y a aussi Dany (qui parle allemand quand il a un peu trop bu) Elena (un sacré caractère!) Luz’, son frère, Jùjù et les autres…

A Chãzinha (dernier village de la vallée, le nôtre) tu passeras forcément devant chez Pinto, la grande distillerie. S’il fait beau tu verras tous les enfants du village se baigner dans le réservoir d’eau, et les grands s’y laver, un joyeux bordel!

En t’enfonçant dans le dédales des ruelles tu arrives chez Vanence et Doctor que nous t’avons déjà présenté : un frère et une soeur aussi différents que complémentaires. Nous avons pu compter sur eux chaques instants de ces 5 mois…Grâce à eux nous avons appris les bases du kréol, mais aussi : comment faire mûrir des bananes, où trouver des herbes pour nos tisanes, quand cueillir le café et la papaye…Vanence a torréfié pour nous le café, confectionné de la confiture, on a pu compter sur Doctor en cas de problème avec la maison. Bref, de vrais amis.

En ressortant du dédale, tu verras une maison qui arbore un drapeau cap-verdien et juste au-dessus, un navire peint sur le mur qui longe la route…pas de doute, tu es chez Tivav’ ou T’vav ou T’Vava, l’artiste. Lui qui passe du rire aux larmes, qui joue de l’harmonica, qui a défilé au carnaval, qui nous a offert les premiers avocats de son jardin, il mérite la palme !

Après, il ne reste que la dernière montée. Arrivé au dernier pâté de maisons, d’abord tu entres dans la petite cour carrée, la maison bleue, celle de Rosinha et Pajé, celle de leur fils Emmanuel (une énergie communicative).

Tout de suite après tu te trouves devant la Merceria de Duka et Benvida (qui fait les meilleurs Donut du Cap-Vert !) et leurs enfants Eliane et Vany, Ilanir (et puis Keke). Une porte toujours ouverte. Benvida qui te lance « entra! ». Et tu entres et tu t’y sens bien! Benvida, toujours affairée et Duka dont nous avons mis 4 mois avant de comprendre que derrière son air réservé se cache un joyeux luron qui aime plaisanter, chambrer et se faire chambrer…Et lui tout content qu’on le comprenne (enfin) n’a plus arrêté de nous faire rire…

Et puis Bebet’ qui répare les chaussures lui qui n’a plus qu’une jambe…Et Alzira qui comme les dames âgées ici, aime caresser, toucher et qui nous sourit de son beau regard.

Et puis tous les autres, Tony24 fier de ses 6 doigts à chaque membres, son frère 22 quelque chose…et puis Pedrino et son sourire discret, et le chorizo qu’on fait griller avec le rhum flambé…

Tu attaques la montée et ceux qui viennent ensuite sont nos voisins : ici la famille Zulmira : la grand-mère alitée mais entourée, la maman une femme forte et tendre, ses enfants Kao (le beau gosse calme, la force tranquille), Toy (la machine, toujours au travail), Yolanda (une sacré force de la nature aussi) son mari & son fils (Rivert’ et Ravi). L’ami à Zulmira dont nous ne connaissons pas le prénom mais qui nous a offert du manioc tout au long de notre séjour (et son sourire !).

Il ne faut pas oublier Brok (qui veut dire « trou ») le surnom du frère muet et sourd, mais qui te parle à l’aide de son regard et de ses mains. Plus haut il y a Filipe, fier de nous inviter à ses 60 ans (malheureusement on était à Fogo).

Puis vient la famille Da Cruz. Senhor Da Cruz qui a plus de 80 ans et qui nous a gratifié de nombreuses visites pour nous présenter un membre ou l’autre de sa famille ou pour acheter du grog ou simplement pour nous dire bonjour.

Et enfin Maneli : un voisin. Un ami qui vient sans prévenir. Maneli a une belle prestance, il se soucie de son apparence, sauf quand il a forcé sur le grog…Maneli c’est un sensible. Il se lance dans de grands discours, s’énerve quand on ne le comprends pas…veut nous apprendre le kreol « pas le portugais »! Lui que l’on a vu tous les jours, une présence amicale et rassurante.

Il y aussi Luís qui monte tous les jours pour s’occuper de ses terres, de ses animaux après une journée à travailler pour les autres. Qui aime jouer du tambour lors des fêtes…

Enfin il y a tous les habitants dont on ne connaît pas le nom, mais que l’on a salué et qui nous ont reconnus. Ceux à qui nous avons offert un simple sourire, un Bom Dia, ceux qui d’une main levée nous signifiait notre (brève) appartenance au village….

A eux tous : « MUIT OBRIGAD' »

Cet article a 6 commentaires

  1. Rita Baeriswyl

    Wunderbar, wie liebevoll Du die Menschen beschrieben hast! An Dir ist eine Autorin verloren gegangen. Das ist mir wirklich ans Herz gegangen. Ich wünsche Euch viel Glück und Erfolg in Brasilien und warte sehnlichst auf die neuen Erlebnisse und Geschichten!
    Herzlichen Dank Rita

  2. Francis Monnin

    Bravo à vous deux pour votre belle écriture qui nous donne beaucoup d’émotion par le respect et l’admiration que vous nous faites ressentir pour ces habitants du Cap Vert,

    Je vous souhaite le meilleur pour la suite de votre aventure et me réjouis de vous lire.

    Amitiés

    Francis

  3. Isabelle et David

    Francis! Un grand merci à toi pour tout les joli messages que tu nous as laissés. Nous sommes heureux d’avoir réussi à transmettre un peu de l’aventure incroyable que nous avons vécue ces 5 derniers mois… nous espérons continuer à vivre de telles expériences, qui donnent un sens particulier à cette année hors de notre zone de confort. A bientôt …mais pas trop vite ?

  4. Audrey

    Merci à vous deux pour ces lectures et ces sourires, pour nous avoir fais partager votre parenthèse… et que celle-ci reste encore ouverte pour quelques temps… bise

  5. Isabelle et David

    Coucou Audrey! Merci pour tes messages…on s’éclate dans cette aventure, et c’est pas prêt de se terminer avec l’aventure au Brésil qui débute…et de ton côté j’espère que ta nouvelle vie te comble…milles bises

  6. William et Chloé

    Bonjour à vous deux!!!

    Merci infiniment de nous avoir fait partager vos magnifiques récits, photos et vidéo.

    J’espère que tout se passe toujours bien pour vous.

    Nous pensons bien à vous et on se réjouit de vous revoir à l’occasion.

    Gros becs

    William et Chloé

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